Comment une société plus inclusive

peut-elle s'incarner ? 

2 mois de projet, c'est l'occasion de faire un premier bilan : 7 immersions, 4 articles publiés et de nombreux autres dans les starting blocks ! 
 

Solène et Théodora nous ont rejoint pour vivre des aventures "fortes en inclusion", et notre chère Victorine a pris son sac à dos pour aller à la rencontre des initiatives en Amérique Latine et partager leur savoir-faire. 

 

Toutes ces rencontres et ces expériences ont été l'occasion de réfléchir sur comment une société plus inclusive peut s'incarner.

Faire la différence entre intégration et inclusion 

Beaucoup de personnes nous ont posé la question de savoir ce qu'est « une société inclusive ». Il faut reconnaître que ce terme est parfois utilisé à tour de bras, sans vraiment en comprendre le sens. 

C'est finalement en écoutant les paroles de Clément, un jeune autiste asperger de 24 ans, vice président du restaurant associatif l'Atypik, que tout ça s’est un peu éclairé :  « Il faut faire une différence entre l’intégration et l’inclusion. Cette deuxième notion signifie que l’on accepte l’autre tel qu’il est, pour faire ensemble, avec les différences de chacun. » dit-il. 

J'aime prendre un exemple très d'actualité: l'accueil d'un enfant réfugié qui arrive dans une classe en France. « L'intégrer » reviendrait à mettre le nécessaire en place afin qu'il puisse se mettre à niveau : le faire suivre une classe intermédiaire de remise à niveau, lui donner des cours de Français intensif, etc. Cet enfant pourrait alors suivre le cours au même titre que n'importe quel autre enfant français sans être trop perdu. 

Mais quand est-il de son histoire à lui ? De sa culture, sa langue, son passé ? Doit-il la laisser au pas de la porte ou peut-il la faire rentrer dans la classe? C'est ce que propose l'inclusion. "Inclure" va plus loin que l'intégration : le centre n'est plus la classe en elle même mais chacun des individus qui la composent. Cela signifie être capable d'accepter de la rendre flexible pour l'adapter aux personnes, avec leurs différences et leur particularités.

Et si en classe, on apprenait à dire bonjour le matin dans la langue du garçon ? Et si un cours était dédié à l'histoire de son pays ? Et si une rencontre était organisée pour poser des questions aux membres de sa famille ? Autant exemples qui permettent de reconnaître et de valoriser son histoire et sa culture, et de faire de la différence un richesse pour les autres élèves.

Permettre à des personnes différentes de s'enrichir mutuellement

Tout au long de ces semaines, les différentes rencontres m'ont amené à me poser cette question : faut-il créer des lieux spécialisés, des sas qui puissent servir de première étape pour des personnes avec besoins spécifiques ? Au contraire, faut-il faire le choix de la mixité quand c'est possible, tout en donnant les moyens d'accompagner les différences de chacun ?

 

La réponse est loin d'être évidente, et elle dépend bien sûr des besoins de chacun et de la vision donnée au projet d'accompagnement. 

 

Baluchon a fait le choix de ne pas prendre que des salariés en insertion. Pour cette entreprise de restauration, l’inclusion, c’est aussi de permettre à des personnes en insertion et à des employés à temps plein de progresser ensemble et de s’enrichir mutuellement.

En proposant un accueil inconditionnel, la Cravate Solidaire a également fait ce choix d'être un lieu ouvert à tous. Et même si dans les faits, la plupart des personnes qui y viennent sont dites "éloignées de l'emploi", j'apprécie fortement qu'aucune étiquette ne soit donnée aux personnes accueillies. 

Partir du potentiel des individus

En allant à la rencontre des jeunes accompagnés par le programme Teame, j'ai aimé découvrir comment ceux-ci apprennent à se connaître, se découvrir, dans leurs forces et leurs faiblesses, leurs talents et leurs limites. C’est sur cette base que se construit un projet entrepreneurial commun, qui prend complètement le visage des personnes qui constituent l’équipe.

Oui, ces jeunes n'ont pas la même forcément manière de parler, de s'exprimer, de s'organiser, ou de gérer leurs émotions. Mais selon quelle norme ? Pour avoir animé de nombreuses formations, je me rends également compte qu'ils ont les yeux qui brillent 10 fois plus dès qu'ils apprennent de nouvelles choses, prennent confiance en eux et se rendent compte de ce dont ils sont capables. Après avoir participé à la cérémonie d'inauguration de leur entreprise, je suis convaincue que ce mélange fait des étincelles !

Finalement, c'est en acceptant de prendre un peu de hauteur par rapport aux normes sociales dans lesquelles j'ai baigné que je laisse de la place pour accueillir la richesse des autres.

Florence

Article publié le 1 mars 2018

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