LA CHORALE

AU CLAIR DE LA RUE 

Viens chanter avec le coeur !

En ouvrant la porte de la salle de répétition, je découvre une bande de joyeux lurons en train de papoter, de rigoler, de s’essayer au piano et de se chauffer les cordes vocales. 

Dans cette salle prêtée par la mairie du 9ème, ils sont une vingtaine : il y a des jeunes, des vieux, des valises dans un coin, et même un chien !

 

Je reconnais bien l'esprit de la Cloche ici, avec ou sans abris, service civique, ou bénévole, tout le monde est mélangé. Sans étiquette, la finalité est pour tous de passer un bon moment ensemble et ne former qu'un, ou plutôt qu'une ... une belle chorale! 

La chorale du Carillon : un groupe qui vous réchauffe le coeur

Bruno, un des membres de la chorale à l'origine du projet, m'explique que la première chorale de sans-abri en France a été créée en 2008 à Nantes par un ancien de la rue et un bénévole.

 

En effet, les sans-abri souffrent et subissent l’isolement de leur vivant. A leur mort, ils sont encore les oubliés de la société. Le binôme s’en est offusqué et a décidé alors de créer une chorale, histoire d’accompagner les Morts de la Rue.


Quelques semaines auparavant, la chorale de Paris a été invité à chanter lors de l’hommage aux morts de la rue à l’hôtel de ville de Paris. C’était un moment très particulier, emprunt de beaucoup d’émotion, et en présence de nombreux élus de la ville. Grâce à son énergie, la chorale a su réchauffer les coeurs avec leur reprise de la chanson “Les Copains D’Abord” de Georges Brassens, chanson reprise en coeur par les centaines de participants à l'événement.  

Représentation de la chorale à l'Hôtel de Ville pendant l'hommage aux morts de la rue

Cette énergie, les membres de la chorale l’ont construite au fil des répétitions, dans cette salle où ils se retrouvent chaque mercredi et où on laisse les problèmes à la porte !

Il est 15h10. Marie, la chef de choeur nous propose un échauffement pour commencer :  chacun doit se présenter de manière théâtrale au centre du groupe.

Pas facile pour moi de me mettre en scène, mais quand je vois la bienveillance du groupe, et les applaudissements après chaque passage, je me lance.

Michelle, Bruno, Lies, Gio, Gillou, Simon et Christophe en plein exercice d'échauffement !

15h30, après les vocalises, les carnets de chants sont de sortie, je me mets à côté de Boan, réfugié d’origine chinoise, il a rejoint la chorale il y a 2 mois et parle peu français. Je lui propose de mettre mon doigts sous les paroles afin qu'il puisse suivre. Il me confie qu'il n'a jamais pris de cours et que c'est grâce à des activités comme celle-ci qu'il apprend en discutant, car les gens sont ouverts et prennent le temps. Après un moment, je comprends que c'est un endroit où il a non seulement trouvé des amis mais surtout une place pour agir. 

 

Arrive le moment des lacs du Connemara, chacun se prend bras dessus, bras dessous, et on transforme la pièce en piste de danse : les éclats de rire et la bonne humeur se font ressentir. 

Même si ce moment offre une pause de bonne humeur et de bienveillance, la vie n’est pas toujours rose. Lies, un algérien arrivé en France il y a peu, me raconte qu’il vient de se faire virer de chez un ami et qu’il ne sait pas où dormir ce soir. On réfléchit à des structures, chacun partage son bon plan, et moi, je me reconnecte un instant à la dure réalité de la vie à la rue...

Pour lui remonter le moral, Marie propose de chanter Ya Rayah, sa chanson préférée. Le sourire est revenu, il chante, danse, a l'air d'oublier pour quelques couplets la réalité de sa future nuitée. 

Lies chauffant la salle sur l'air de Ya Rayah !

Quand la séance approche à sa fin, les dates des futures représentations sont annoncées. C’est drôle de voir comment le groupe ne rate jamais une occasion d'interagir avec un public : représentation lors de festivals des solidarités, soirée associative, travail collaboratif avec les élèves d’une classe de 3ème : ils sont très demandés et toujours partants ! 

En repartant, je réalise que la Chorale Au Clair de La Rue est un endroit où l'on chante certes, mais aussi c’est avant toute chose un endroit où l'on rit, on se confie, on oublie, et on devient amis !

 

A l’heure où la valorisation individuelle passe beaucoup par l’aspect professionnel, quel rafraîchissement de voir que, même avec une situation personnelle compliquée et sans domicile fixe, on peut trouver sa place et montrer qu'on à quelque chose d'unique à apporter !

Aude, le 3 Juillet 2018

 

LES INFORMATIONS CLÉS

 

QUI

La Chorale du Carillon

QUOI

Une chorale ouverte à tous :  aux personnes sans domicile fixe et avec domicile fixe, pour offrir un espace de partage et de mélange ou les problèmes et les aprioris restent à la porte

 

Centre Paris Anim de Chateau Landon

75009 Paris

CRITÈRES D'ENTRÉE

Avoir envie de chanter !

Restons connectés !

Insta 2.jpg

Facebook

Newsletter

Email

Instagram