LA RATP

Je suis une femme et je suis conductrice de bus

En ouvrant la porte du nouvel espace de formation de la RATP à Aubervilliers, je découvre une vingtaine de jeunes femmes de 21 à 30 ans installées dans l'amphithéâtre. 

Elles vont participer à une journée de formation entièrement réservée aux femmes sur le métier de la conduite de bus, dans le cadre de la semaine “Osons l’apprentissage et l’alternance”. 

Yasmina, chargée d’ingénierie sociale à la RATP, a co-organisé cette journée. Elle m’explique que la RATP affiche fièrement son statut “d’entreprise citoyenne” et que dans ce cadre, ils mènent à bien plusieurs actions, notamment articulées autour de l’insertion professionnelle. S’organisent ainsi des visites métier, des contrats de professionnalisation, mais également une lutte contre les stéréotypes pour les métiers estampillés “homme” comme celui de la conduite du bus.


Elle nous raconte : « la RATP reçoit 50 000 candidatures par an et seulement 10 000 sont retenues pour passer les tests. C’est notre rôle de créer des passerelles pour les personnes aux parcours plus chaotiques qui sont suivies par nos partenaires depuis longtemps ». Delphine, une participante ayant déjà passé les tests sans succès s'exclame : « seulement 2 personnes sur 30 l’ont eu ! ».

Yasmina complète : « Si elles sont motivées et qu’elles le démontrent, rentrer par la voie de l’apprentissage est une chance exceptionnelle : les tests d’entrée y sont plus accessibles et si elles sont prises, elles peuvent devenir conductrice de bus dans 6 mois ! ».


Toute la matinée, une formatrice de la RATP mène sa formation avec un mélange de professionnalisme et d’humour. Elle met bien sur en avant les nombreux avantages du programme, mais rappelle également l’importance d’anticiper les challenges liés aux métiers : rythmes décalés, importance du service clientèle, etc. Machiniste receveur, CFA MUD, REL ... je rentre dans un univers avec des terminologies bien précises dans lequel j’avoue me perdre un peu... ou beaucoup !

Laurence, en pleine formation devant une vingtaine de jeunes femmes

Le repas se partage dans la bonne humeur et Véronique, une jeune martiniquaise de 23 ans me raconte son parcours : « Moi, je me suis orientée vers la comptabilité : après ma troisième, on m’a dit que c’était fait pour moi parce que j’étais bonne en maths. Mais franchement, les plans comptables, rester au bureau toute la journée ; très peu pour moi ! »


Je lui ai demandé comment elle avait atterri en France, et elle m’explique qu’elle était auto-entrepreneuse dans la vente de bonbons, mais ayant trop de concurrence, elle a dû arrêter.  « Je suis venue en France pour chercher du travail, je pensais que ça allait être facile : j’ai cherché en comptabilité, dans la petite enfance, mais maintenant après un an, je cherche partout ! »


« L’affiche de la RATP a attisé ma curiosité, c'est vrai que c'est très rare de voir une femme conductrice de bus. Et puis j'ai toujours voulu savoir conduire des cars ou des gros camions : comme je suis petite de taille, ça compense ! » dit elle en s’exclamant de rire. 

Yasmina et Catherine, chargées d'ingénierie sociales à la RATP, et Véronique, une participante à la journée de formation

Après une courte pause, c’est parti pour une mise en situation réelle. Un beau mélange d'excitation et de peur s’installe : toutes les femmes vont être invitées à conduire un bus en compagnie d’un formateur RATP !

 

Freins brusques, petites accélérations incontrôlées, oups… un trottoir ! Le double contrôle des pédales s’avère très utile. Je me plie à l’exercice et, disons-le-nous, je ne me suis pas particulièrement révélé un talent caché. 

Fatiha, la plus douée du groupe, s’exclame : « mon fils est complètement obsédé par les bus : dès qu’il sort dehors, c’est « Maman, bus » toute la journée ! S’il me voyait, il serait tellement heureux ! »


Je profite d’un moment plus calme pour discuter avec Fatiha et Ourida, sa sœur jumelle. Elles m’expliquent qu'en raison de mauvais accompagnements ou de mauvais choix, elles ont changé d’orientation plusieurs fois, et elles ont démultiplié les petits boulots.


« Au début, on nous dit : il faut avoir un bac, donc on a obtenu le bac. Après, il faut le permis, donc on a passé le permis. Maintenant, c'est : il faut de l'expérience, mais comment peut-on en obtenir si on ne nous laisse pas notre chance ! Le comble, c’est que j’ai souhaité postuler pour un contrat professionnel par la suite mais on m’a refusé car j’avais déjà le bac ! »

Fatiha et Ourida, 2 soeurs jumelles en plein exercice de conduite du bus

Pour elles, cette journée, c’est une chance unique : un programme accéléré avec un CDI à la clé ! A la fin de la journée, les impressions sont unanimes : « Moi, je me suis faite complètement arnaquée, je n'ai pu conduire qu’une fois » ou encore « c'est passé beaucoup trop vite ! ».

Je n'ai bien sûr pas pu résister à l'envie de demander à Yasmina des nouvelles des tests d'entrée au centre d'apprentissage. Le résultat est de taille :  2/3 des femmes qui se sont présentées ont passé les tests ! C'est le début d'une belle aventure pour elles ... 

 

Article publié le 26 avril 2018

 

LES INFORMATIONS CLÉS

 

QUI

 La RATP et le CFA MUD (Centre de Formation et d’Apprentissage Mobilité Urbaine Durable)

 

QUOI

Créer une passerelle pour l’emploi de jeunes plus éloignés du monde du travail via l’apprentissage

 

CFA MUD 

3, avenue Pierre Mendès France
77186 Noisiel

CRITÈRES D'ENTRÉE

Avoir entre 21 et 30 ans

Avoir le permis B

Etre très motivé

COMMENT CANDIDATER

Détails du processus de candidature sur: 

www.cfa-mud.org/inscription

 

CONTACT

Tél: 01 60 05 00 60
Email: contact@cfa-mud.org

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