RECICLAR ARAUCÁRIA

Le tri qui ne trie pas !

En passant la porte de la coopérative de Catadores « Reciclar Araucária », c’est Ari Marques Borges qui nous accueille avec le sourire !

 

Reciclar Araucária a été créée en 2010 et rassemble aujourd’hui 30 personnes.

Où sommes-nous ?

A Araucária, une ville de l’état de Paraná située au sud du Brésil. Ce pays connaît un fort taux de précarité avec 6% de la population, soit plus de 11,4 millions de brésiliens, vivant dans des « favelas », les bidonvilles brésiliens.

Trier des kilos de déchets pour survivre ?

C’est en apercevant des personnes en train de ramasser des déchets dans le centre-ville de Curitiba, que nous nous rendons compte d’une triste réalité : en poussant leur grand chariot, dans lesquels des kilos de déchets s’entassent, ces collecteurs tentent de gagner leur vie.

« Ce travail peut s’avérer dangereux : Il n’est pas rare que des accidents de la route arrivent, étant donnée la taille de ces chariots. », nous raconte Fabienne Charvet, une franco-brésilienne résidente d’ Araucária.

La suite de l’histoire dresse un tableau beaucoup plus positif. Grâce à la coopérative “Reciclar Araucária”, ces collecteurs trouvent un lieu où trier et revendre leurs déchets. Ari Marques, le gérant des lieux et notre guide pour la visite, nous informe que les bâtiments de cette coopérative ont été donnés à titre gratuit par la préfecture de la ville afin de permettre à une trentaine d’adultes de se professionnaliser et d’augmenter leur revenu.

Le local de la coopérative

Cuisine pour les membres de la coopérative, salle de bain et salle de formation (destinée à des cours sur les techniques de tri) ; le cadre de travail de ces personnes est nettement plus sécurisé et organisé que la collecte dans les poubelles de la ville.

 

Depuis leur intégration à l’équipe, le regard des autres a changé ! On les voyait comme les « ramasseurs d’ordures » ... Maintenant, ils ont un métier, accès à des formations et leur avis compte!


Se pose alors la question du salaire. Ari nous apprend que, si le salaire minimum au Brésil est de 900 reals (monnaie du Brésil) par mois,  le salaire moyen dans la coopérative est de 1600 real.

Ari Marques Borges, notre guide !

La création de cette coopérative leur a permis non seulement d’améliorer leur niveau de vie mais également de former une belle équipe! Ici, malgré le bruit du tapis de tri sur lequel arrivent les déchets, on discute ! Je souris en apprenant que le port du masque a été refusé par les membres de la coopérative pour pouvoir échanger plus facilement.

Pourtant, je comprends aussi que la rentabilité est au rendez vous. Plus une quantité importante de déchets est triée puis vendue à des entreprises brésiliennes et plus leur revenu sera important.

 

Du tri, oui mais pas que…Certaines femmes de l’équipe ont développé une activité de création d’objets en verre (assiette, plats, verre, objets de déco, etc.).

Lequel choisir?

Une artiste les a accompagnées pendant quelques mois afin de les encourager à développer leur créativité. Le résultat est certain!

 

Vivianne, une amie qui nous accompagnait décide d’acheter un joli plat ovale aux couleurs bleutées. Cette dernière m’apprend qu’un point de vente existe au sein de la mairie de la ville. Ce partenariat est le symbole de l’ancrage local de cette coopérative et  la valorisation de son travail aux yeux des habitants.

L’heure des achats 

Tout a l’air simple d’apparence mais nous apprenons par Hari que la coopérative a connu une période difficile. En effet, certains ramasseurs de déchets de la ville avaient décidé de continuer leurs collectes en solitaire et la quantité de déchets collectés par la coopérative n’était plus suffisante pour la vie de celle-ci. Il a fallu communiquer davantage sur le projet afin que la situation se rétablisse !

Ce qui attire clairement mon attention, c’est l’horizontalité des prises de décisions, ce qu’on peut retrouver dans le processus de recrutement.

Ari Marques nous explique : « Recruter un nouveau membre est une décision d’équipe après étude de la candidature du nouveau membre ». En voila un processus démocratique !

J’apprends par Fabienne C, que des écoliers l’accompagnent de temps en temps pour découvrir ce lieu et se sensibiliser à l’importance du recyclage !

Décidément, c’est un lieu de vie ici. On redonne vie à des objets en encourageant des personnes à s’entraider et à se professionnaliser !

Article publié le 18 février 2018 

 

LES INFORMATIONS CLÉS

 

QUI

La Coopérative de Catadores « Reciclar Araucaria »

QUOI

Organiser le tri des déchets (verre, plastique, pile, papier, métal, batterie, etc) pour le revendre à des entreprises de recyclage

Araucária (Brésil)

Rua Lótus, 83, Tupi

CRITÈRES D'ENTRÉE

Ouvert à tous, seul critère : validation de la candidature par l’ensemble des membres de la coopérative

POINTS FORTS

Permettre aux membres de la coopérative de percevoir une vraie rémunération, un lieu sécurisé pour travailler et un cadre de travail plus agréable

Prise de décision de manière démocratique

Impact positif pour l’environnement

 

COMMENT AIDER

En venant acheter des objets uniques (verres, plateaux, etc.)

En devenant bénévole pour accompagner la création artistique d’objets en verre

 

CONTACT

Ari Marques Borges (qui parle le Portugais)
Téléphone : 99743-9841

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